Lyon se réinvente au niveau culinaire d’après le Guide Michelin

Rue Mercière - Lyon

C’est une reconnaissance qui fait plaisir. Le Guide Michelin vient de consacrer un article entier à la révolution culinaire en cours à Lyon, dressant le portrait d’une ville qui ne vit plus dans l’ombre de ses géants historiques mais qui, au contraire, se réinvente avec une énergie et une créativité remarquables. Pour nous, lyonnais, c’est une fierté et une confirmation de ce qu’on observe sur le terrain depuis plusieurs mois.

Lyon après Paul Bocuse : ça donne quoi ?

Longtemps, la gastronomie lyonnaise s’est construite autour d’une figure emblématique : Paul Bocuse. Une référence absolue, un génie, une identité. Mais depuis sa disparition en 2018, la question s’est posée : Lyon pouvait-elle exister sans lui ? La réponse est aujourd’hui sans équivoque : oui, et même brillamment.

Le Guide Michelin le souligne lui-même : après une période de repli marquée par la fermeture de plusieurs institutions emblématiques :Léon de Lyon (depuis rouvert), Pierre Orsi, ou encore Le Gourmet de Sèze, une nouvelle génération de cheffes et de chefs est en train de rebattre les cartes. Des cuisines plus personnelles, plus audacieuses, plus en phase avec leur époque, qui s’affranchissent des codes tout en restant profondément ancrées dans le territoire lyonnais.

Les tables qui incarnent ce renouveau

Plusieurs adresses sont mises en lumière par le Guide Michelin comme symboles de cette nouvelle scène lyonnaise.

Ombellule, le restaurant de Tabata et Ludovic Mey, couple à la ville comme en cuisine, est cité comme l’une des tables qui a redynamisé la scène locale lors de l’obtention de son étoile en 2025. Leur cuisine met les légumes à l’honneur avec une précision et une délicatesse rares, à l’image d’un omble chevalier, sauce au babeurre marbrée au tamari de citron, qui résume à lui seul l’approche du duo. Juste à côté, leur Brasserie Roseaux propose une interprétation généreuse et accessible des grands classiques de la cuisine bourgeoise française.

Circle, la table de Bastian Ruga, est quant à elle l’incarnation parfaite de cette nouvelle génération sans complexe et sans frontières. Sa cuisine mêle influences maghrébines, asiatiques et lyonnaises dans un menu surprise qui évolue au fil de ses inspirations, le tout dans une ambiance décontractée, loin des codes guindés de la haute gastronomie traditionnelle. Une première étoile Michelin décrochée en mars 2026, amplement méritée.

Deux autres tables lyonnaises rejoignent les étoilés en 2026 : Les Loges (Vieux-Lyon), où le chef Anthony Bonnet retrouve son étoile à peine dix mois après la réouverture de la Cour des Loges, avec une cuisine fine aux accents végétaux et L’Étape Dorée (Saint-Genis-Laval), où le chef Yo Miyazaki marie avec subtilité tradition française et influences japonaises.

Une bistronomie qui monte en puissance

Au-delà des étoiles, c’est toute la scène bistronomique lyonnaise qui impressionne. Le Guide Michelin le note : les Lyonnais n’ont jamais fait preuve d’autant d’audace et de curiosité à table qu’aujourd’hui.

Parmi les nouvelles adresses qui confirment cette dynamique : Trèfle, où Emily Dader propose une cuisine végétalienne inventive et parfumée, Rousille, où Romane Veyrac revisite les grands classiques avec une touche personnelle qui fait mouche, Chez Pimousse, sur les quais de Saône, avec ses menus surprise d’une fraîcheur remarquée ; ou encore Murmures, où Noé Saillard propose une cuisine voyageuse mêlant influences lyonnaises, libanaises et asiatiques. Cinq Bib Gourmands ont également été décernés à Lyon en 2026, preuve que l’excellence ne se limite plus aux seules grandes tables.